La dépression : kézako ?

Publié le 29/05/2017
« L’humeur est cette disposition affective fondamentale, riche de toutes les instances émotionnelles et instinctives, qui donne à chacun de nos états d’âme une tonalité agréable ou désagréable, oscillant entre les deux pôles extrêmes du plaisir et de la douleur. »
Jean Delay (1907 – 1987), psychiatre, neurologue et écrivain français
 
La dépression est la plus fréquente des pathologies psychiatriques, représentant la 1ère cause de handicap dans le monde (Rapport OMS 2004). Chaque individu a entre 5 et 25% de risque de présenter au moins un épisode dépressif dans sa vie.
 
Les symptômes dépressifs ne sont pas spécifiques de ce trouble, c’est leur vision d’ensemble qui permet de poser le diagnostic d’état dépressif. La symptomatologie est dominée par ce sentiment de tristesse ou par une perte de la sensation de plaisir (anhédonie), à l’origine d’une perte d’envies et d’initiatives (aboulie) voire d’une perte de l’élan vital pour les formes sévères. La fatigue (asthénie) est quasiment toujours retrouvée, et particulièrement évocatrice lorsqu’elle prédomine le matin avec une amélioration spontanée en fin de journée. On retrouve le plus souvent une modification du contenu des pensées, par une reconstruction négative du passé, des idées de culpabilité ou dautodévalorisation exagérées, un pessimisme voire des idées d’incurabilité, favorisant des ruminations mentales plus ou moins envahissantes, pouvant aller jusqu’à la production d’idées suicidaires ou délirantes (ruine, indignité). Des symptômes anxieux sont très fréquemmment associés et constituent souvent le premier motif de la consultation chez un médecin.
Dans les formes modérées à sévères, il peut apparaître un ralentissement psychomoteur marqué par des troubles de l’attention et de la concentration, des troubles de la mémoire, pouvant mener à un état d’indécision voire de perplexité, une élocution ralentie et monocorde, une pauvreté de la gestuelle et de l’expressivité faciale, pouvant aller jusqu’à une diminution des conduites élémentaires d’hygiène et d’alimentation (incurie), un confinement au lit (clinophilie) et à l’extrême un mutisme ou un état stuporeux.
Il existe très souvent des perturbations des conduites instinctuelles, soit une perte d’appétit (anorexie dans 90% des cas) soit un excès d’appétit (hyperphagie dans 10% des cas), des troubles du sommeil en général à type de réveil précoce ou parfois à type d’hypersomnie, une baisse du désir sexuel (perte de la libido).
On retrouve également fréquemment un sentiment d’ennui, d’anesthésie affective où le patient est hyporéactif aux stimuli agréables, ou au contraire une irritabilité, un aspect de labilité émotionnelle, une douleur morale avec crises de larmes parfois inexplicables.
 
La dépression peut se compliquer par l’apparition ou la majoration de conduites addictives (alcool, anxiolytiques, stupéfiants), un retentissement social et professionnel important (isolement, perte d’emploi, chômage), la récidive ou l’évolution vers un trouble dépressif chronique, la mise en jeu du pronostic vital principalement en raison du risque suicidaire.

2 commentaires sur « La dépression : kézako ? »

  1. Bonjour, j’ai besoin d’aide, je souffre de troubles de la personnalité, avec un côté borderline, je ne suis pas suivis j’ai du mal à faire le pas, la peur s’en doute, la peur d’être vu comme malade. Mes symptômes, dépression, autodestruction, courant électrique au cerveau, maux de tête, infidélité comme si tout était normal, je me sens antisocial mais a côté je suis aide à domicile, je remet ma carapace…je sais que je dois partir, loin.

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    1. Bonjour,
      Je lis votre désarroi mais ne suis pas en mesure de vous apporter une aide psychiatrique à distance. Pour obtenir un éventuel diagnostic et être orientée vers une prise en charge adaptée, je vous conseille de surmonter votre appréhension et de prendre rendez-vous chez le psychiatre de votre choix.
      Cordialement,
      Dr Alexandre Besset

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